Les vins des Yvelines : des accords qui sortent des rails
Voici le nerf de la guerre : quoi faire boire face à la richesse d’une raclette ou l’onctuosité d’une tartiflette ? L’instinct porte souvent vers le vin blanc savoyard (Apremont, Roussette). Pourtant, explorer les vins des Yvelines peut transformer le rituel.
Les Coteaux de Villennes et le renouveau viticole yvelinois
Le Coteaux de Villennes (Villennes-sur-Seine) renaît depuis 2016, mêlant Chenin, Chardonnay, voire quelques touches d’Aligoté. Le blanc sec, vif, dévoile une tension très appréciable pour trancher dans le gras du fromage fondu :
- Arômes floraux (aubépine, acacia), touche saline en finale
- Un taux d’alcool modéré (11,5–12,5%), parfait pour la convivialité
À servir frais (10–12°C). Source : Union des Œnologues de France.
Essai avec les crus confidentiels d’Île-de-France
Certains domaines (La Vigne de Montmartre, Clos du Pas Saint-Maurice à Sèvres) produisent de micro-cuvées étonnantes. Si la plupart n’ont pas d’AOP ni de distribution grand public, quelques caves à vin yvelinoises proposent des flacons issus de la néo-viticulture régionale : vins blancs à base de Sauvignon, rouges issus de Pinot Noir ou de Gamay, à la belle acidité.
Le grand retour des rouges friands
Démêler le cliché du vin blanc raclette, c’est oser :
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Un Gamay de Seine-et-Marne (IGP Île-de-France), qui présente souvent une jolie trame fruitée, peu tannique, excellent légèrement frais sur la charcuterie accompagnant une raclette.
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Un Pinot Noir francilien (issu de micro-parcelles, vinification nature possible), qui structure un accord tartiflette – lardons – oignons tout en légèreté.
Sur ces rouges, le taux d’alcool reste modéré (12–13%), l’acidité naturelle permettant de soutenir la richesse du gras et des pommes de terre, sans fatigue à la dégustation.