Versailles : le berceau des extravagances pâtissières
Le Paris-Brest : un parfum de compétition, de Paris à Versailles
Naître sous une bonne étoile, voilà qui sied bien au Paris-Brest. Cette ancienne "grosse couronne" de pâte à choux garnie de praliné est aujourd’hui associée à la célébrissime course cycliste Paris-Brest-Paris, initiée en 1891. Mais il faut le rappeler, la première grande étape de la course reliait Paris… à Versailles ! C’est donc tout naturellement que l’on relie l’origine de ce prestigieux dessert à l’histoire de ces deux villes et à l'effervescence de la Belle Époque.
Inventé par le pâtissier Louis Durand, à Maisons-Laffitte en 1910, le Paris-Brest s’est vite imposé dans nombre de boulangeries versaillaises, pour régaler sportifs et gourmands. Mais au-delà de l’anecdote sportive, c’est la forme de la pâtisserie elle-même — une roue, clin d’œil aux bicyclettes — qui plaît à la Cour, déjà friande de pâte à choux depuis que Marie Leszczyńska l’a imposée lors des grands banquets versaillais (Source : "Le Paris-Brest, toute une histoire", France Info).
La Pâtisserie au temps de la Cour : influences italiennes et créations versaillaises
Si Versailles a rayonné sur l’Europe entière sous le règne de Louis XIV, il en a été de même pour sa cuisine, et donc sa pâtisserie. Les banquets de la Cour rivalisaient d’opulence ; les pâtissiers du roi pouvaient y présenter jusqu’à une cinquantaine de desserts différents sur la seule table d’apparat. Bon nombre d’entre eux puisaient leur inspiration dans les influences italiennes amenées par Marie de Médicis, mais aussi dans les fruits produits localement, telle la fraise de Versailles.
- Le biscuit de Savoie, introduit à la cour sous Louis XV, était décoré de sucre glace et garni, parfois, de confitures des jardins du Roi.
- Le croquembouche, ancêtre du fameux dessert de mariage, aurait été perfectionné au château, avant de gagner les grandes maisons bourgeoises.
N’oublions pas la tradition, toujours vivace, de l’entremets servi au "grand couvert", véritable théâtre de la relation entre pâtissier et souverains.