Le rosé francilien : un terroir à redécouvrir
On évoque rarement l’Île-de-France lorsque l’on parle de grands vins, et pourtant, les Yvelines renouent depuis quelques années avec une tradition viticole presque millénaire. La région a longtemps été le verger et la vigne de Paris, du Moyen-Âge jusqu’à la crise du phylloxéra, qui a ravagé près de 80% du vignoble français à la fin du XIXe siècle (source : Institut National de l’Origine et de la Qualité, INAO).
Aujourd’hui, dans des villages comme Les Clayes-sous-Bois, Saint-Germain-en-Laye ou Chatou, quelques hectares renaissent entre les mains de vignerons passionnés. Les cépages utilisés pour les rosés des Yvelines penchent majoritairement vers des classiques de climat tempéré : Pinot noir, Gamay, parfois même Pinot meunier ou des hybridations locales. Produits en quantité confidentielle (on estime la surface totale à environ 25 hectares en 2023, source : Vins d'Île-de-France), ces flacons témoignent d’un renouveau porté par un cercle d’irréductibles et quelques caves coopératives locales.
- Production annuelle oscillant autour de 800 hectolitres sur l’ensemble de l’Île-de-France en 2022.
- Recherche d’expression fraîche, légère, axée sur le fruit et la minéralité.
- Initiatives bio et nature en pleine croissance, même si encore sous le seuil des 20% du vignoble recensé.
Ce qui fascine dans ces rosés, c’est avant tout leur profil sensoriel atypique : acidulé, rarement musclé, s’exprimant sur la fraîcheur plus que sur la profondeur. Mais cette typicité convient-elle au registre iodé et délicat des fruits de mer ?